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  • En paix avec soi-même / Marie-Michèle Gagnon participe à ses cinquièmes championnats du monde

    Marie-Michèle Gagnon a spontanément opté pour une position de yoga, l’une de ses passions, lorsqu’on l’a invitée pour une photo. Ça traduit l’attitude «zen» qui la mène maintenant.

    Saint-Moritz | Marie-Michèle Gagnon s’est présentée en pantou­fles à l’entrée de son hôtel pour notre rencontre. Ce détail anodin résumait tout: la fille relaxe est bel et bien de retour pour s’attaquer aux cinquièmes championnats mondiaux de sa carrière.

    L’événement de Saint-Moritz sert de première véritable tribune à la Québécoise pour exprimer tout le bonheur retrouvé qu’elle avait perdu pour le ski la saison dernière. Se taper cinq des six épreuves féminines en 12 jours exige une certaine sérénité dans son sport.

    La commande se serait annoncée plus lourde il y a un an. Elle vivait les derniers milles du régime strict qu’avait imposé à l’équipe canadienne l’ex-entraîneur Roland Pfeifer avant qu’il ne soit viré après une seule saison. L’embauche de l’Italien Manuel Gamper a depuis allégé l’atmosphère et conforté Gagnon dans sa croyance qui veut que les succès ne viennent pas s’il n’y a jamais autre chose que le ski dans la vie.

    «C’est une attitude qui fonctionne pour moi et qui m’est tellement plus agréable, plutôt que de trop essayer et de toujours se sentir dans l’échec quand ça ne marche pas», nous résume l’auteur de 177 départs en Coupe du monde.

    Une ère nouvelle

    Lorsqu’elle avait décidé de ne plus se laisser affecter par la méthode rigide de Pfeifer, l’aînée de l’équipe canadienne avait aligné 10 «top 10» en 16 courses entre les mois de janvier et la fin de saison dernière, dont une victoire au combiné de Soldeu-El Tarter. Cette saison, elle ne revendique que trois «top 10» en 16 départs, mais elle demeure convaincue que la philosophie instaurée cache peut-être des surprises à la veille de ces mondiaux.

    Quand elle a enregistré le meilleur chrono de la deuxième manche au slalom géant de Semmering le 28 décembre dernier, où elle terminera finalement septième, il y avait là pour elle un autre exemple que les choses simples finissent par rapporter. Finies les séances de vidéo à répétition, enfin de la latitude dans les horaires déjà chargés et davantage de ski libre, une sorte de récréation pour tout skieur professionnel; cette nouvelle ère a livré une nouvelle Marie-Michèle Gagnon.

    «Okay, je n’ai pas gagné toutes les Coupes du monde, mais je suis plus en paix avec moi-même. L’an passé, c’est dommage qu’on ait eu des problèmes avec cet entraîneur parce que j’ai quand même connu du succès avec cette formule-là. Par contre, j’avais perdu le plaisir pour le ski et pour le style de vie qui vient avec», évoque l’athlète de 27 ans.

    «Je l’ai retrouvé (ce plaisir) dès que j’ai changé mon attitude. Ça peut paraître paradoxal, mais je suis contente d’avoir vécu ce que j’ai vécu la saison dernière. J’ai vu l’extrême de toujours garder mon focus sur le ski et de me taper du vidéo sans jamais pouvoir aller prendre un café avec des amis. Je sais maintenant que le juste milieu marche beaucoup mieux pour moi. Je fais mon entraînement à fond et je le fais bien, mais il faut aussi savoir relâcher quand c’est le temps.»

    Bien faire

    Après le Super-G d’hier dans lequel elle a fini 19e, la Québécoise participera également au combiné de demain, à l’épreuve par équipe (mardi 14 février), au slalom géant (jeudi 16) et au slalom (samedi 18). Si elle émet une préférence pour le combiné et le géant, sa nouvelle attitude lui dicte de ne pas se fixer d’objectifs précis.

    «Les premiers championnats du monde, on y participe surtout pour acquérir de l’expérience. Maintenant que j’ai l’expérience, je pourrais me dire que ça m’aidera à les avoir (les podiums), mais ce n’est pas ma façon de penser. Je préfère me dire que, selon l’état d’esprit dans lequel je me trouve maintenant, je vais plutôt me donner la chance de bien faire. On verra..."

    Source: Alain Bergeron / Journal de Québec

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