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  • Erik Guay annonce sa retraite immédiate

    Lors d'une conférence de presse cet après-midi, Erik Guay a annoncé officiellement sa retraite immédiate du ski alpin. Il ne participera donc pas à la Coupe du monde de Lake Louise cette fin de semaine.

    « Aujourd'hui est un jour spécial qui marque la fin d’un chapitre qui a eu un grand impact sur ma vie, » a déclaré Guay à partir de Lake Louise. « Pendant des décennies, je me suis efforcé d’être le meilleur coureur de ski au monde, représentant la Canada au quatre coins du globe et faisant partie d’une équipe incroyable ».

    Suite à la première séance d’entraînement d’hier, Guay a décidé de devancer l’annonce de sa retraite. Ç’aurait été la 15e fois en 17 ans que Erik aurait participé à la Coupe du monde de Lake Louise. Il prévoit de skier une dernière course hommage pour les fans présents à Lake Louise dimanche, dans le cadre de la course de super-G.

    « Ça faisait plusieurs semaines que j’y pensais, mais avec les circonstances, plusieurs choses ont influencé ma décision. Les blessures des dernières semaines m’ont poussé vers ça. Au début, je pensais pouvoir faire la saison au complet et terminer sur une bonne note, mais dans la réalité, ce n’est pas toujours pareil. C’était aussi devenu vraiment difficile d’être loin de la maison », a-t-il admis. « Mon ski n’était pas au même niveau que ces dernières années, c’est donc certainement un autre facteur qui a joué. De plus, le fait d'avoir perdu deux coéquipiers à la suite de blessures au cours de la semaine dernière a également influencé sur ma décision. »

    « Je suis ravi de pouvoir passer plus de temps avec ma famille très active et de consacrer une grande partie de ma passion et de mon temps à élever mes filles et à rester à la maison avec ma femme. Je quitte mon sport avec la conscience tranquille et beaucoup d'optimisme pour les projets à venir. »

    Professionnellement, il ne sait pas ce que l’avenir lui réserve. Il préférait attendre de quitter la compétition avant d’y penser plus sérieusement. « C’est sûr que je vais rester investi dans le ski, mais probablement plus au niveau local. Je n’ai pas trop envie de voyager comme entraîneur », a-t-il affirmé.

    La chute d'Osborne-Paraids a fait réfléchir

    Une semaine après Broderick Thompson, blessé à Nakiska, un autre membre de l'équipe canadienne de ski alpin était tombé au combat. Cette fois, le vétéran Manuel Osborne-Paradis s'est fracturé une jambe lors de la première descente d'entraînement de la Coupe du monde de Lake Louise, hier. Tout ça pratiquement sous les yeux d'Erik Guay, fortement ébranlé.

    Toute sa bonne volonté s'est envolée comme la poussière de neige soulevée par les pales de l'hélicoptère qui venait chercher Osborne-Paradis. Même sans informations en haut de piste, Guay savait ce que signifiait le bruit du rotor. Parti trois coureurs avant lui, Osborne-Paradis, avec qui il avait partagé un podium aux derniers Mondiaux, s'était blessé sérieusement.

    Durant les 25 minutes de l'évacuation, Guay a vainement combattu ses mauvaises pensées. Déjà diminué par un dos capricieux, le vice-champion mondial de descente n'était plus l'ombre de lui-même pour ce retour en Coupe du monde après une saison presque complète d'absence. Il a même songé à dévaler la Men's Olympic Downhill debout.

    Au moment de s'élancer du portillon, il avait décroché. « Complètement. »

    « Tout ce à quoi je pensais dans le portillon, c’était à Manny, a relaté Guay en conférence de presse. J’étais derrière la ligne de départ et j’étais incapable d’avoir la concentration nécessaire et j’ai su que c’était le temps. J’ai probablement pris la décision de prendre ma retraite dans le portillon. Quand Manny a chuté, je me suis dit que je devrais peut-être prendre le télésiège et redescendre la montagne. Ça m’a tout pris pour faire la descente. »

    Skiant « peut-être à 50% », le descendeur de Mont-Tremblant a mis presque quatre secondes de plus que l'Italien Christof Innerhofer pour rallier l'arrivée. Un monde. À la fin de la journée, il avait réalisé le 69e temps. La préparatrice physique de l'équipe canadienne, Agneta Platter, a senti le besoin de l'enlacer dans l'aire réservée aux athlètes.

    À la traîne depuis son retour sur neige l'été dernier, Guay ne s'est jamais retrouvé dans une telle situation, même après ses convalescences précédentes. La blessure à un genou subie par le jeune Broderick Thompson, qui dominait tous ses compatriotes à l'entraînement, l'a profondément marqué.

    « Honnêtement, quelque chose a changé. D'habitude, je gagne de la confiance durant l'été. Arrivé en Coupe du monde, il y a évidemment des risques. Je suis prêt à les prendre quand je suis dans le coup. Depuis que Broderick s'est fait mal [sa saison est finie], je suis parti ailleurs. Je me disais: est-ce que ça vaut la peine de risquer quand je ne suis pas dans le coup anyway? C'est cette question que je me pose souvent ces temps-ci. »

    « Ce sont des moments durs, a poursuivi l'athlète de 37 ans. Ce n'est pas un sport sans risques. Je ne sais pas comment les autres se sentent quand ils jouent au curling, mettons. Tu dois avoir une pression, mais tu ne t'en vas pas te faire mal. Il y a des sports où tu peux vraiment te faire mal. Et si tu n'es pas dans le bon état d'esprit, tu ne peux pas envoyer [toute la gomme]. »

    Avec le recul, il estime avoir commis sa pire erreur en annonçant qu'il disputait sa dernière saison dès le mois d'octobre. « Je ne pensais pas en parler, a noté le père de quatre filles. La question m'a été posée et c'est sorti naturellement. Ça a ouvert la porte. J'ai comme un pied dans la retraite et un pied dans la compétition. »

    Source: Ski Québec alpin & Article de La Presse adapté pour Ski Québec alpin & Canada alpin
    Photo Crédit: Gary Lee

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