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  • Narvik 2020 : Retour de nos québécois, Aidan Marler et Raphaël Lessard

    Il y a quelque temps nous revenions sur les Championnats du monde junior de Narvik avec les témoignages de nos québécoises présentes. Aujourd’hui, nous souhaitons une nouvelle fois vous faire revivre l’événement à travers les témoignages d’Aidan Marler, membre de l’équipe du Québec et Raphaël Lessard originaire de Bromont. Nous avons questionné Aidan et Raphaël sur leurs différents états d’esprits à certaines phases de l’événement. À l’arrivée, pendant et au départ de Narvik 2020.

    Pour Aidan, le sentiment de représenter son pays face au monde entier était très fort ! « Quand j'ai appris pour la première fois que je représenterais le Canada aux Championnats du monde junior, j'étais ravie. À ce moment-là, je savais que le COVID-19 était présent, mais il n'était pas hors de contrôle, j'étais donc confiant que l'événement aurait toujours lieu. En voyageant là-bas, j'ai pris des précautions supplémentaires comme me laver beaucoup les mains, ne pas toucher mon visage et garder mes distances avec les personnes. À mon arrivée en Norvège, j’ai rencontré le reste de l’équipe canadienne. »

    Pour Raphael, cette expérience est unique ! « Les WJC cette année ont été une super expérience. C'était ma première fois en Norvège et j'ai adoré. Narvik est vraiment un endroit magnifique, et la montagne qui donne sur la mer rendait l'expérience très spéciale. La piste de vitesse pour le Super-G et DH était difficile à négocier avec des sections de glisse plus rapide et d'autres beaucoup plus technique. Avec seulement deux descentes d'entraînement avant le DH, il n'y avait pas beaucoup de temps pour s'adapter et apprendre à gérer les changements de terrains. Aussi, le départ du DH était à un endroit différent à chaque descente, alors c'était difficile d'anticiper la vitesse qu'on allait avoir dans chaque section. J'étais content avec mes résultats dans le DH et dans le Super-G, même si je sais qu'il y avait beaucoup de place à l'amélioration dans mes deux runs de courses. »

    La pandémie du Covid-19 était déjà active lorsque l’événement avait lieu mais elle n’était pas encore aussi puissante pour que les athlètes en prennent pleinement conscience. Pour certains, la concentration sur l’événement était tellement maximale que cela ne semblait pas les atteindre, du moins presque pas…mais l’annonce de l’arrêt a été comme un choc. Un retour à la réalité assez déroutant mais très bien accepté.

    Raphael nous explique : « Au début de l'événement, le Coronavirus n'était même pas un facteur dans ma tête. Ça me semblait très lointain, et je me disais qu'on était tellement loin du reste du monde à Narvik que ça ne poserait pas problème. A part de me laver les mains plus souvent que d'habitude, je n'en avais pas vraiment conscience. Lorsque l'événement a été annulé, j'étais déjà sur mon chemin du retour pour le Québec. Puisque je ne le soupçonnais aucunement, c'était très surprenant. J'étais déçu pour mes coéquipiers qui devaient participer aux épreuves techniques. »

    Aidan témoigne que les règles sanitaires étaient respectées par tous : « Tout le monde prenait des précautions supplémentaires en termes de COVID-19, et il y avait des règles spécifiques que nous devions suivre afin de nous protéger, nous et les autres, en toute sécurité. Plus tard, lors de l'événement, nous avons appris que le reste des juniors mondiaux serait annulé à cause du virus qui était devenu exponentiellement plus dangereux. Heureusement pour moi, je n'étais que chez les juniors mondiaux pour la descente, le super-G et le combiné alpin, qui étaient les trois premières épreuves. Cependant, apprendre ces informations était vraiment bouleversant et déroutant pour nous tous, nous ne savions pas quoi faire, le reste de mon équipe a dû se démener pour trouver des vols vers la maison. J'avais déjà un vol prévu, donc j'ai eu de la chance. »

    Comme vous avez pu le comprendre, Aidan et Raphael ont pu réaliser toutes leurs descentes à Narvik car leurs disciplines étaient au début du calendrier des compétitions. Ils expliquent tout de même qu’ils étaient tristes pour leurs co-équipiers qui n’ont pas pu disputer les dernières épreuves. Le trajet de retour à la maison était assez long et difficile.

    Aidan nous dit : « Le retour à la maison a été très stressant pour moi, voyageant à travers plusieurs pays sur trois vols différents, prenant des précautions supplémentaires et restant loin des autres. Je n'avais jamais vu l'aéroport de Munich aussi vide, vu que c'est l'un des plus grands aéroports d'Europe. À mon arrivée au Canada, ma mère m'a rencontré à l'aéroport et a désinfecté tous mes bagages avec un spray désinfectant et je me suis assuré de me laver les mains avant de la voir. Immédiatement à mon retour à la maison, j'ai pris une douche et laissé mes bagages dans le garage pour la nuit.»

    Quant à Raphael : « Lors de mon retour à la maison à Granby, c'était un choc de me retrouver en quarantaine. C'était également difficile d'apprendre que la saison était finie. Comme plusieurs autres athlètes, j'avais hâte d’être aux Nor-Ams à Panorama et je savais que ma récente expérience aux WJC allait m'aider à mieux performer. Également, mon séjour en Norvège avait été très positif pour mon ski, et je me retrouvais sur une pente montante après un milieu de saison beaucoup plus difficile. Le plus dur, c'était d'avoir à accepter que mes bonnes performances à Narvik allaient être mes dernières de la saison, et que je n'allais pas être capable de continuer sur cette pente montante dans mon ski. »

    Chacun a dû s’adapter de retour au Québec ! C’est le moment où on prend le temps de faire des choses que nous n’avions jamais auparavant entrepris. C’est aussi le temps de préparer sa prochaine saison, s’entraîner avec les moyens du bord afin d’être plus fort physiquement et mentalement. Prendre du positif dans cette situation mondiale négative.

    Raphael s’entraîne fort : « Depuis mon retour au Québec, je suis dans un gros bloc d'entrainement physique. J'ai la chance d'avoir de l'équipement de training chez moi, alors j'ai réussi à me faire un gym dans mon garage. Sous l'expertise de mon entraineuse Marianne Godbout, mon temps est assez rempli avec deux entrainements par jour. Ça peut être difficile de rester motiver quand on ne sait même pas quand la prochaine saison va commencer, mais je continue de faire ce que je peux pour prendre avantage de la situation. »

    Aidan se découvre de nouvelles activités comme le Yoga, qu’il combine avec ses activités quotidiennes avec le préparateur physique de l’équipe, Frédérick Laberge. « J'étais en auto-quarantaine pendant les deux semaines suivantes, ne quittant ma maison pour rien. C'était et c'est encore assez ennuyeux, mais j'ai des activités amusantes à faire en attendant. Des choses comme travailler, cuisiner, et j'ai même choisi le yoga. Ces temps sont difficiles et j'espère que tout le monde prend des précautions, reste en sécurité et reste à la maison. »

    Le mot de la fin, ce pourquoi vivent les athlètes !

    « L'expérience a été incroyable, arriver à concourir contre les meilleurs juniors du monde m'a vraiment fait réaliser que je pouvais rivaliser avec eux à ce niveau de compétition. C'était vraiment motivant et excitant de courir avec ces juniors qui courent sur le circuit de la Coupe du monde. » Aidan Marler

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