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  • Alice Marchessault et Francis Royal reviennent sur le premier stage de la saison

    Nous nous tournons maintenant du côté de l’équipe féminine du Québec avec la collaboration de Francis Royal, l’entraîneur-chef, ainsi que de l’athlète Alice Marchessault.

    D’après Francis, l’organisation de ce premier stage d’entraînement s’est déroulée dans un contexte unique et inhabituel. 'Nous avons pris la décision de partir en stage en Juin quelques jours après la parution du plan de relance de SQA. Nous avons d’abord recueilli un maximum d’informations concernant la situation en France ainsi que sur les mesures prises par les autorités locales pour contrer le virus. Nous avons ensuite suivi à la lettre les recommandations de notre fédération afin d’organiser tous les détails entourant la réalisation de ce stage.'

    Beaucoup d’enjeux étaient à considérer comme : les assurances voyages, les différentes formes de transports aérien et terrestre, l’organisation de l’hébergement afin de répondre à toutes les exigences de la fédération, la nomination d’un responsable du respect des protocoles (en l’occurrence, Frédérick Laberge), une liste détaillée de toutes les mesures sanitaires, l’imagination de tous scénarios afin de mettre en place les bons plans d’action etc…
    Tout cela a été possible grâce au partage et à la collaboration de tout le staff de Ski Québec alpin.
    L’équipe féminine regroupait dix de ses quatorze athlètes, deux entraîneurs ainsi qu’un préparateur physique.

    Voici comment Alice appréhendait le départ en France :

    Avant notre départ, nous avions été mis en garde contre, non seulement les dangers directs de la COVID-19 pour notre santé, mais aussi contre les problèmes logistiques qui se dresseraient face à nous dans l’éventualité où un membre de l’équipe la contractait. Donc malgré notre excitation d’enfin pouvoir rechausser les skis après 4 mois, l’ambiance durant nos préparatifs étaient beaucoup plus sérieuse due aux mesures additionnelles que nous devions prendre.

    Francis quant à lui : ‘L’appréhension c’est surtout fait ressentir sur l’aspect logistique. Normalement nous sommes concentrés sur le besoin athlétique mais pour ce stage, nous avons dû donner beaucoup d’énergie dans la logistique : logement, transport et toutes les mesures à prendre. C’est une certitude, la mécanique d’organisation des stages d’entraînements sera totalement différente des autres saisons. Un stress est existant mais ce n’est pas un stress négatif. Cela nous pousse à ne jamais baisser la garde. S’il y a une éclosion, c’est un système de boule de neige qui en découle. Cela complexifie le tout et nous ne souhaitons pas que cela arrive.

    Qu’en était-il au niveau du voyage, des transports et de l’accueil hôtelier local ?

    Évidement, voyager à l’international en temps de pandémie n’est pas de tout repos : le masque, la visière et le désinfectant était de mise. L’avion n’était pas à pleine capacité ni à l’aller ni au retour, donc nous avons fait notre possible de garder nos distances. Il était clair qu’Air Canada faisait tout en son pouvoir pour prévenir la propagation en distribuant des effets de protection et en rappelant aux passagers de garder leur masque.
    Nous avons été très bien été accueillis à l’hôtel malgré notre statut international et avons été informés que le port du masque était obligatoire dans les espaces publics, exactement comme au Québec. Pour conserver notre bulle d’équipe, nous prenions nos repas dans une salle attenante à la salle à manger principale de l’hôtel et devions prendre notre température matin et soir afin de s’assurer qu’athlètes et coaches ne présentaient pas de risque pour les autres
    .’ nous raconte Alice.

    La station des Deux Alpes est normalement très convoitée surtout à cette période de l’année. ‘En station, nous nous sentions en sécurité, car il n’y avait que très peu d’équipes aussi tard dans la saison estivale sur le glacier. Il y avait donc moins de foule que par les années passées et le masque était obligatoire dans les remontées. Et les employés des 2 Alpes faisait respecter les consignes!

    Alice place ce stage dans son top 3 des plus productifs réalisées jusqu’à date. ‘Nous travaillons de plus en plus avec l’équipe masculine, et en plus de nous pousser à nous dépasser, l’ambiance est d’autant plus agréable. Nous sommes vraiment une équipe unie et chaque partie apporte du positif à l’autre!
    Ces propos sont appuyés par ceux de son entraîneur : ‘Cela a été l’un des meilleurs stages auxquels j’ai pu assister. A vrai dire, c’est assez paradoxal car nous n’avions pas mis la même énergie sur la programmation de notre plan de d’action sur la neige qu’à l’habitude. Tout était planifié mais l’énergie de logistique nous avait vraiment bien occupé. Le fait de collaborer avec l’équipe masculine était extraordinaire, un vraiment bon staff ! On multipliait les environnements de travail, on les échangés également. Beaucoup de diversité ce qui a rendu le tout extrêmement positif.’ Francis Royal

    D’un point de vue personnel, Alice nous donne ses résultats : ‘mon ski a très bien progressé durant le stage, j’ai su aller chercher plus de maturité en slalom et une nouvelle image en slalom géant que je devrai travailler à reproduire durant les stages à venir. J’ai aussi su acquérir de l’expérience sur différents types de terrain en slalom géant et en super-g.

    Comprenons un peu plus ce sur quoi les athlètes ont travaillé :

    Le niveau de maturité, le niveau technico tactique et le niveau d’expérience permettaient d’aller beaucoup plus loin dans le coaching. Maintenant, on passe volontairement moins de temps sur les fondamentaux mais beaucoup sur l’exploration des trajectoires, des éléments à travailler qui sont individuels comme l’auto-analyse et l’auto-évaluation. Les athlètes prennent beaucoup de responsabilité dans leur progression et c’est très important pour nous.

    On doit se synchroniser ensemble, c’est très important. Ce n’est pas une approche classique mais on s’en qu’avec le niveau de nos athlètes, on peut se le permettre ! Ce qui est intéressant dans ce contexte si particulier, c’est que nous n’avons pas l’impression que nos athlètes ont un besoin de volume excessif. On sent qu’ils ont surtout besoin que l’on mette en place des environnements de qualité dans un climat positif. De se faire traiter comme des professionnels et mettre surtout beaucoup d’attention sur les détails comme la préparation physique, aborder des enjeux sur la préparation mentale, la nutrition, nos modes de fonctionnement ainsi que nos approches. C’est un système qui rentre beaucoup plus dans le détail que dans l’approche classique.’

    Et la saison prochaine alors ?

    La saison prochaine sera différente des autres. Avec la situation actuelle aux États-Unis, nous savons que le circuit NorAm ne pourra pas avoir lieu normalement. Nous sommes encore un peu dans le néant par rapport à quelles courses il sera possible de tenir et à quelles courses nous pourrons participer, alors pour le moment, on se concentre sur l’entrainement pour être au meilleur de nos capacités quand viendra le temps des compétitions.’ Alice Marchessault

    Comme tous, nous sommes dans l’incertitude mais nous mettons tout en œuvre afin d’offrir une belle et différente saison à tous les athlètes et entraîneurs !

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