Chroniques de Mario Brisebois

  • La chronique de Mario Brisebois

    Erik Guay ralentit les attentes en prévision de Sotchi



    Cela peut sembler plutôt paradoxal dire d'un as de la vitesse, et pas n'importe lequel, qu'il a fonctionné le pied sur le frein.

    Telle est pourtant l'histoire des derniers mois d'Erik Guay, le skieur et « bijoutier » le plus connu au Québec.

    Il possède une pas pire vitrine avec son globe de cristal du super-G en Coupe du monde en 2010 suivi de l'or en descente des championnats du monde remportée en février dernier.

    Il faut ajouter dans sa voûte 17 autres médailles au cirque blanc. Seul Steve Podborski le devance en histoire.

    À quoi s'attendre maintenant comme prochain joyau alors que la saison des épreuves de vitesse s'amorce cette fin de semaine à Lake Louise?

    Le principal concerné abaisse les attentes, du moins pour le lancement.

    « L'entraînement au Colorado avant Lake Louise a montré que je manque de millage », déclare la tête d'affiche de Mont-Tremblant.

    Guay a sauté deux stages préparatoires sur la neige l'été dernier. Il a ignoré également le gymnase pendant plusieurs semaines.

    Sachez que c'était par obligation.

    Depuis des années qu'il est ralenti par des maux chroniques au dos et c'était devenu pire que pire.

    Il a été obligé dans le passé de sacrifier avec frustration des départs officiels.

    « Il y a des matins que je n'étais même pas capable d'enfiler mes bas », mentionne-t-il.

    J'ai bien aimé l'analogie de Paul Kristofic, mentor en chef des Canadiens dans le Calgary Herald à propos de Guay.

    « La situation d'Erik ressemblait à conduire avec des pneus-fesses (usés). Tu sais que tu vas frapper le mur à un moment donné ».

    Guay est donc passé au garage.

    Il est donc revenu à Montréal à l'été pour travailler en compagnie de l'équipe de B210 dont le volet au plan de la forme physique est dirigé par Scott Livingston.

    Il est l'ancien physio du Canadien qui a entouré Jennifer Heil pendant sa carrière et Alexandre Bilodeau en sabbatique ou presque.

    Les examens ont permis d'établir que les douleurs au dos de Guay relevaient d’une vieille blessure au bas du corps.

    « Je me sens bien maintenant. J'ai été sur le carreau dans le passé. J'ai eu des os brisés. Un dos endolori est plus frustant surtout que tu ne sais jamais quant ça va disparaître et revenir », précise-i-il.

    La réhabilitation s'est faite au détriment de la préparation.

    « En plus d'avoir moins skié, j’ai perdu quinze livres de muscles (il est passé à 185) en passant moins de temps au gym. Il me faudra quelques épreuves avant de reprendre la forme.»

    Mais la décision de ralentir a été prise avec maturité.

    Il n'y a pas de grands rendez-vous dont les Mondiaux cet hiver.

    À trente ans, il pense à long terme.

    « Je veux être aux Jeux de Sotchi en 2014 ce qui explique l'importance d'être en santé. Je n'ai pas écarté 2018. Les carrières allongent. On a qu'à penser à Didier Cucher (37 ans) qui demeure toujours un chef de file », indique-t-il.

    Erik Guay a gagné partout sauf aux J.O, où il s'est rendu deux fois au pied du podium en terminant 4e et 5e.

    Bref, le tour du chapeau ou le triplé est seulement reporté.

    « La santé est une priorité. Elle pourrait me permettre de ravir une médaille », espère-t-il.

    Et pourquoi pas l'or?

    Quant au calendrier qui commence, notre champion possède cette belle qualité qu’est l'humilité.

    Il pourrait s'avérer une menace beaucoup plus vite qu'il le laisse entendre. Rappelez-vous les Mondiaux. Il a été couronné roi de la descente en février après avoir raté la fin décembre et une bonne partie de janvier en raison de son dos.

    Bref...

    DES NOUVEAUX DOLLARS


    Ski Canada a procédé à une annonce ce week-end.

    Il s'agit nouvelle commandite qui n'est pas d'ici : KLM. Fait intéressant, la compagnie fait voyager 70 millions de personnes chaque année.

    L'entente est d'une durée de trois ans (jusqu'aux prochains Jeux) et c'est tant mieux.

    L'argent n'est-elle pas la clé, notamment pour financer le développement, dans le ski comme ailleurs ?

    UN TRIO

    Erik Guay n'est pas seul du Québec à Lake Louise.

    Il faut ajouter Dustin Cook, de Lac Sainte-Marie, dans l'Outaouais, et Louis-Pierre Hélie, de Berthier.

    Il s'agira d'un retour pour Louis-Pierre après sa fracture au tibia et sa commotion cérébrale à Bormio, en Italie, à la toute fin de 2010.

    ET NOS FILLES...

    Avant de prendre la relève des gars à Lake Louise la fin de semaine prochaine, la Coupe du monde féminine est à Aspen samedi et dimanche pour deux épreuves techniques.

    Marie-Michèle Gagnon, de Lac Etchemin, sera présente.

    À LA TIVI…


    Oui, oui, la Coupe du monde de Lake Louise est au petit écran! Radio-Canada retransmettra samedi la descente à compter de 14 heures.

    La SRC aura beaucoup de diffusion web ces prochains mois.

    On y reviendra, bien sûr.