Chroniques de Mario Brisebois

  • La Chronique de Mario du lundi 9 janvier: Le journalisme mène à tout... jusqu'au concept de la coupe du monde de ski



    Vous vous demandez parfois à quoi servent les journalistes dans le sport, plus particulièrement le ski? On est très heureux en ce début d'année du 50e anniversaire de la Coupe du Monde de ski fondée le 5 janvier 1967 de préciser que le concept vient justement... d'un journaliste.

    Son nom est Serge Lang.



    Cela bien avant la multiplication des médias sociaux faut-il préciser, il écrivait dans cinq différentes publications en même temps.

    Décédé en 1999 à l'âge de 79 ans , il a été un grand ami du Québec et j'y reviens plus loin sur la solide relation établie.

    LES BONNES IDÉES... ET LES BONNES PERSONNES AUSSI

    Bien sûr que le ski de compétition existait auparavant avec des classiques telles Kitzhbuehel, Wengen, Cortina d'Ampezzo et Garmisch-Partenkirchen, Val d'Isère avec le Critérium de la Première neige et autres.

    Au Canada et au Québec aussi, on a eu la Coupe du Maurier à Sainte-Anne et Orford. J'entends encore la belle voix de Richard Garneau à la description de Radio-Canada.

    Pour revenir à Lang, jamais trop occupé en dépit des taches, c'est sous l'instance de Jacques Boddet, alors directeur du grand quotidien de L'Équipe, qu'il met en place la Coupe du monde.

    Une anecdote intéressante: le nom de la Coupe du monde de ski a été, cela écrit poliment, «emprunté» à la FIFA, laquelle avait rebaptisé son grand championnat mondial de soccer la Coupe du Monde depuis 1966 en Angleterre.

    Toujours est-il que Boddet insistait afin que le ski se «centralise» davantage plutôt d'avoir des épreuves ici et là. Tout cela afin d'aider le public à mieux suivre l'action, il encouragea donc Lang à prendre la commande de la table de concertation.

    Lang est conséquemment arrivé avec l'idée d’instaurer un système à chaque étape de la saison et de créer les globes de cristal qui couronneraient une seule grande championne et un seul grand champion afin de permettre aux médias et conséquemment les amateurs de mieux comprendre et se retrouver.

    Un rappel: notre Canadienne Nancy Greene et Jean-Claude Killy ont été les premiers titulaires cela à deux occasions plutôt qu'une 1967 et 1968 .

    Il est essentiel de préciser que dans ses multiples talents, Serge Lang maîtrisait parfaitement l'art de savoir s'entourer admirablement.

    Il avait convaincu le Suisse Marc Holder, alors président de la Fédération internationale, Bob Beatie, un Américain très proche du grand réseau ABC, et Honoré Bonnet, le patron de l'équipe de France qui avait raflé rien de moins que sept des huit médailles d'or au championnat du monde de Portillo, au Chili, quelques mois auparavant.

    Force que d’admettre qu'un tel trio derrière aide à l'acception de ses idées.

    PROCÈS DE NUREMBERG ET CINÉMA AVANT LA COUPE

    Né en France, Serge Lang a été élevé en Suisse lorsque son père, chef de gare, y a été transféré.

    Pas surprenant que Lang ait travaillé dans autant de médias à la fois. Il était polyglotte et un érudit.

    Avant le sport, il a été journaliste à l'information générale. Il a couvert le procès de Nuremberg après la Deuxième Guerre mondiale.

    Il était de plus un passionné de culture ayant aussi créé le festival du cinéma de Bâle, où il rencontra son épouse, Anneliese, critique de films en Allemagne de l'Est. Elle déserta plus tard son pays pour venir marier son Serge en Suisse.

    UN GRAND ALLIÉ DU QUÉBEC AVANT LES MONDIAUX LES JO... POUR LE CYCLISME

    En plus du ski, Serge Lang s'est aussi également beaucoup intéressé au vélo dans sa carrière sportive.

    Il a couvert le Championnat du monde cycliste de 1974 à l'Université de Montréal tenu dans un vélodrome temporaire installé là où évoluent les Carabins au football les installations des Olympiqes de 76 n'étant pas complétées.

    Deux ans plus tard, il était de retour à Montréal.

    Serge était un ami du ski au Québec écrivait-on plus haut, ce qui est totalement vrai.

    Son influence au-dessus de tout a immensément contribué à ce que Sainte-Anne (12 fois), Tremblant, Bromont et Stoneham reçoivent la Coupe en 1970 et 1995, année du début de sa diminution de tâche.

    Serge Lang était là chaque fois. Impossible de le manquer dans les salles de presse avec sa taille de géant et sa très grosse voix.

    Il faisait immanquablement le voyage d'Europe en compagnie d'Anneliese et leur fils Patrick, lequel a pris plus tard la relève.

    Malgré ses très longues journées et ses sautes d'humeur lorsque les choses traînaient un brin à bien se faite, il était toujours gentil avec le jeune journaliste que j'étais à l'époque sur le site ou au resto, où il se délectait des plats avec Anneliese qui l'accompagnait partout, et du fiston .

    On a vu Anneliese inviter des gens d'ici à aller à la sa table et celle de ses hommes qu'elle appelait joliment ses «vagabonds des neiges».

    Certains ont dit qu'il a longtemps milité pour amener des Coupes du monde au Québec pour nos très bonnes tables, ce qui représente un compliment.

    Très important, le système mis en place en 1967 par Serge Lang pour lancer la Coupe du monde reste toujours le même un demi-siècle plus tard.

    ***

    Vous aurez compris que Karl Schranz a été exclu Jeux de Sapporo sous le prétexte qu'il avait touché de l'argent et Berchtesgaden est en Allemagne quoique localisé à la frontière avec l'Autriche.

    Ce texte met fin à la série sur les 50 ans de la Coupe du Monde en trois textes et merci beaucoup de nous avoir lu.