Chroniques de Mario Brisebois

  • Saint-Moritz, PQ, le club des légendes.. Erik aussi champion de la force de caractère


    Il faudra maintenant dire et écrire Saint-Moritz, P.Q.

    Après tout, cette très heureuse et encore plus courageuse victoire d'Erik Guay en super -G mercredi s'avère la deuxième d'un as de la glisse du Québec dans l'histoire des Championnats du monde à la célèbre station suisse après celle de Mélanie Turgeon en descente en 2003.

    BLOGUE SKI: Mario Brisebois

    Une autre preuve indéniable que Saint-Moritz possède cette particularité de sourire à nos talents est qu'Erik y avait ravi le bronze lors de la descente des finales de la Coupe du monde tenue au même endroit le printemps passé.

    C'est immense et considérable ce que Erik, déjà titulaire du monde en descente de Garmisch-Partenkirchen en 2011, vient de réaliser à 35 ans bien sonnés.

    Il devient le doyen chez les vainqueurs en histoire.

    Gagner une fois représente un privilège, mais le faire deux constitue un ticket pour une entrée directe dans le très sélect club des légendes ce qu'obtient notre héros de Tremblant.

    Au ski canadien, la brave Nancy Greene a été la seule autre à détenir un doublé, celui-ci remontant à Grenoble en 1968 à l'époque où les Jeux olympiques et les Mondiaux étaient disputés en conjoncture.

    DU SKI TRÈS INSPIRÉ DEVANT LE GRAND FAVORI

    Disons-le, Erik Guay a fait les choses avec très grand brio en coiffant nul autre que le meilleur au monde de la spécialité pour ajouter au mérite.

    Après un départ canon avec son dossard numéro 14, il a devancé le méga-favori Kjetil Jansrud, 9e au départ, par .45 centièmes ce qui est presque une éternité dans une ligue d'excellence où se joue souvent à la nano seconde.

    Du côté infos, le Norvégien est le champion olympique de Sotchi et a gagné trois des quatre super-G au calendrier en cours.

    Dans certains médias européens, on a accolé le mot surprise au grand jour d'Erik.

    Pas d'accord. Même si son précédent succès dans la discipline remontait en 2010 à Garmsisch, il a très souvent frôlé les podiums entretemps.

    «Être proche est juste bon sur... un plancher de danse!» avait-il d'ailleurs ironisé le médaillé de bronze de Val Gardena en descente avant les fêtes.


    DE LA CHUTE AU PODIUM

    Permettez cette mention pour le bronze du Britanno-Colombien Manuel Osborne-Paradis avec le dossard 26. Tout un cadeau le jour de son 33e anniversaire.

    Médaillé d'argent des précédents Mondiaux au Colorado en 2015, Dustin Cook n'a pu terminer. Le skieur du Mont Sainte-Marie, dans l'Outaouais, possède la très bonne excuse de revenir de blessures et d'être parmi les 21 qui n'ont pas complété ce qui est beaucoup quand même.

    Pour revenir à Erik Guay, il s'est dit et écrit plein de très belles choses à son sujet. Ils les méritent toutes.

    À ses hommages, vous allez me permettre de saluer celle de son courage.

    Rapportez-vous il y a deux semaines, à Garmisch. En voyant Erik être littéralement expédié dans les airs en perte de contrôle de son ski droit à sa sortie d'un saut pour virevolter avant de chuter lourdement à 100 km/h et plus en raison des conditions pas parfaites, disons, ils sont nombreux (ses) à ne pas avoir voulu croire et même penser le voir passer du filet de sécurité à la plus haute marche du podium.

    Mais justement, souvenez-vous toujours de sa 4e à un battement de cil au Super-G olympique de Turin en 2006 après avoir dû se retirer de la descente en raison de son dos qui refusait de guérir.

    L'OR DE LA PERSÉVÉRANCE ... AUSSI

    Via le papa de Conrad Guay, entraîneur émérite, et les amis du ski, je connais Erik depuis avant même ses années avec l'équipe du Québec dont il est le plus célèbre «diplômé».

    Il est toujours demeuré le même gentil garçon.

    Même les opérations qui lui ont fait perdre des saisons entières, jamais au grand jamais je n'ai entendu Erik «bicher» contre le mauvais sort. Il a préféré et su garder ses énergies pour revenir plus solide encore mentalement, notamment en se construisant un gym dans sa maison et pour faire sa réhabilitation auprès de ses trois filles qui sont quatre en ajoutant sa femme.

    C'est Erik Guay, maintenant rare double titulaire mondial, que l'on célèbre aujourd'hui, mais aussi le très grand champion de la force de caractère qui ne serait pas là sans cette indispensable qualité de la volonté.

    Et ce n'est pas fini. À samedi très tôt le matin pour la descente à... Saint-Moritz, P.Q.!