Chroniques de Mario Brisebois

  • La Chronique de Mario du 11 avril: 45 ans après JC Killy à l'UDM, tentative de résurrection du circuit mondial "pro"



    Peter Duncan, Alain Cousineau et François Jodoin vont rajeunir de plusieurs années en lisant ce qui suit.

    Après presque deux décennies de disparition, des tentatives sont en cours afin de ressusciter le circuit mondial de ski professionnel, où le trio a fait carrière et connu de bons moments après l'équipe nationale.

    Une course qui tenait à la fois d'un test et des retrouvailles en slalom parallèle à Sunday Riber, dans le Maine, à la mi-mars, a redonné l'idée à Ed Rogers de former un groupe d'investisseurs dans l'espoir de présenter une série complète en 2018.

    Si Bob Beattie a lancé le «World Pro Tour» en 1969 après avoir été un des pères fondateurs de la Coupe du monde en 1967, Rogers est beaucoup celui qui dirigeait les opérations sur le terrain.

    JEAN-CLAUDE KILLY SUR LE TERRITOIRE DES CARABINS

    Il y a déjà jusqu'à une quinzaine d'étapes principalement aux États-Unis et des visites au Canada.

    Ici, à Montréal, les «pros» en très grand nombre d'Europe et donc gradués du circuit blanc, ont disputé au début des années 70 des duels sur la pente de l'Université de Montréal, laquelle est à côté du terrain de football des Carabins. Plus illustre champion olympique de l'histoire, Jean-Claude Killy a été au nombre des participants.

    Le Mont-Gabriel est devenu l'hôte des présentations lorsque Labatt a pris la relève de Benson & Hedges dans le rôle de commanditaire principal.

    Peter Duncan a rempli la double fonction de compétition et président. «Cousi», dont le fils Julien est à la barre du Québec, a totalisé 24 demi-finales ou mieux et François Jodoin y a également fait belle figure.

    Parmi les autres souvenirs, on ne peut oublier le coup de théâtre d'Yvon Bouchard. Un skieur de talent, mais participant occasionnel, parce que trop accaparé par son poste de directeur de l'école de ski du Mont Sainte-Anne, il avait éliminé nul autre que le numéro un mondial Spider Sabich dès la première ronde à Colllingwod, en Ontario.

    Ce ne sont pas les budgets qui manquaient non plus. Avec Réal Desrosiers comme chef de presse, Benson & Hedges avait nolisé un DC 3 pour y transporter les médias à Collingwood qui précédait Montréal.

    LES X GAMES ONT SONNÉ LE GLAS

    Le circuit pro était payant. Dans un récent article, le Boston Globe rapportait que l'Autrichien Hugo a Nindl avait empoché 90 000$ en bourses en 1974, ce qui est vrai et vaudrait aisément trois et quatre fois plus de nos jours.

    Pourquoi alors avoir cessé les opérations après l'hiver 1998?

    Dans un premier temps, une grève des skieurs combinée au départ de Beattie n'a pas aidé la situation. La fin du contrat de commanditaire principal a fermé le robinet des bourses

    Mais le clou dans le cercueil a définitivement été enfoncé par la chaîne sportive ESPN qui a décidé d'investir son budget ski pour créer les X Games avec la considérable réussite que l'on sait.

    PASSAGE AU QUÉBEC?

    Dans les plans pour la suite, Vail, Steamboat, Sun Valley, Squaw Valley et Stowe sont les stations dans la mire en 2018 du circuit mondial en plus de Sunday River où David Chodounsky, de l'équipe américaine, a enlevé le chèque de 10 000$ allant au gagnant.

    Dans un monde de rêve, il y aurait des épreuves l'été sur les glaciers d'Europe et de l'Amérique du Sud.

    Différentes sources aux USA mentionnent deux endroits potentiels au Québec. Vrai que le territoire restera absolument libre tant que Ski Canada qui gardera ses Coupes du monde dans l'Ouest plutôt que combiner ses efforts avec la USSA pour un retour dans l'Est, mais on va attendre des confirmations avant de donner des noms si vous le voulez bien, cet espace n'étant pas celui des rumeurs.

    ENCORE CONSIDÉRABLEMENT DE TRAVAIL

    Le circuit mondial de ski professionnel est agressif à son retour.

    Engagé comme directeur de la tournée en devenir, Craig Marshall est cité ainsi dans «Ski Industry News»: «Le ski est en crise, la Coupe du monde ayant failli dans sa tentative d'entrer dans le 21e siècle».

    Au-delà, quelles sont les chances réelles de réussir du Pro Tour 2.0?

    Le contrat auprès de CBS Sports qui reste valide un autre hiver peut aider.

    Un considérable tour de force cependant sera de trouver un autre Jean-Claude Killy. Le défi s'est considérablement compliqué depuis avec les étoiles de la Coupe du monde qui ne sont plus menottées par les règles de l'amateurisme de jadis.

    Mais comme le dicte la manière de faire les choses dans le sport professionnel, les $$$ vont faire la différence.

    «Notre plus grand défi consiste à trouver des commanditaires», admet Ed Rogers à SIN, comme quoi la nécessité de l'argent demeure toujours la même après 45 ans, comme dans le temps.