Chroniques de Mario Brisebois

  • Pourquoi Erik Guay fait penser à Roger Federer?

    « Pas encore! »… c’est la réaction que nous avons tous eue la fin de semaine dernière en voyant Erik Guay vraiment mal en point dans l’aire d’arrivée de Val Gardena.

    Partir sans saluer la foule n’est surtout pas son style, ce qui laissait présager dès ce moment que les choses n’allaient pas. On ne parle pas ici de sa 32e place de la descente, mais plutôt de l’état nettement plus sérieux de son dos, ce qu’ont révélé les examens du lendemain à Innsbruck : une rupture de l’anneau fibreux de la 4e vertèbre lombaire (L4). La L2 ayant déjà été endommagée lors d’un stage estival au Chili.

    En bref, il s’agit de rien d’autre qu’une hernie discale, ce qui est toujours pénible comme diagnostic, surtout en début de calendrier de Coupe du monde. Imaginez lors d’une saison olympique.

    Un jour à la fois…

    Alors qu’Erik est de retour à Tremblant et également beaucoup à Montréal puisqu’il y a multiplié les examens dont tout le monde attend les résultats et lui-même en premier. Toutes les spéculations, incluant une opération qui s’avérerait sa septième, ont circulé.

    Askel Lund Svindal, Lindsey Vonn et tant d’autres ont eu leur part de malchance, mais dans la conjoncture actuelle, Erik Guay me fait davantage penser à Roger Federer, grand champion de tennis et un grand modèle qu’importe le sport.

    Pas surprenant que les deux se retrouvent au haut de la liste de mes favoris et très probablement de la vôtre aussi. Ils partagent beaucoup de similitudes.
    Cela dépasse tellement leur âge (36 dans les deux cas), la famille (papa quatre fois chacun), la courtoisie auprès des fans et le talent bien sûr.

    Ajoutez à cela l’attitude aussi.

    « Rogeure » aussi a été blessé, l’an dernier. De fait, il a dû s’arrêter complètement pendant six mois en souhaitant que ce soit moins long dans le cas d’Erik.

    Présent au tournoi de Montréal à l’été et aussi finaliste (devant Alexander Zverev), l’as de la raquette racontait que le plus nécessaire et ardu en période de blessures était de garder la patience et voilà tout à fait ce qu’applique Erik.

    Dans tout ce qui s’est dit et écrit jusqu’ici à propos d’Erik, il faut retenir cette déclaration faite à Alain Bergeron, du Journal de Québec : « Pour l’instant, c’est un jour à la fois. On va régler cela tranquillement et on verra pour la suite », a-t-il dit avec grande sagesse.

    Les Jeux : trop tôt pour décider

    Le retour n’est pas demain pour Erik. De fait, oubliez tout de suite la participation à la descente de Bormio aux Fêtes et probablement davantage.

    Avec sa réflexion à la Federer, il ne met néanmoins pas encore une croix sur les Jeux olympiques de Pyeongchang à compter du 9 février, malgré les récents titres d’articles tels « Les nouvelles s’aggravent pour Guay » ou « Guay pourrait rater les Jeux ».

    Tout en reconnaissant encore une fois son immense enjeu sur le plan de la santé, Erik a auparavant démontré qu’il est capable de grands retours.

    Parmi les exemples, rappelons-nous particulièrement Garmisch-Partenkirchen au début de l’année. Le 27 janvier, il avait été littéralement éjecté à la sortie d’un saut, avant de s’écrouler lourdement sur la piste.
    Beaucoup de monde pensait que c’était la fin en prévision des championnats du monde qui suivaient.

    Très grave erreur!

    Erik était de retour au portillon de départ aussitôt que le 8 février à St Moritz pour y être couronné titulaire du super-G avant d’enchainer cinq jours plus tard avec la deuxième place en descente y échappant le rarissime doublé que par douze infimes centièmes.

    Lors de ses retrouvailles avec la compétition, Roger Federer s’est adjugé non pas une, mais deux étapes du Grand Chelem en incluant Wimbledon. Espérons en ce moment qu’Erik Guay aura lui aussi cette chance de revenir et on verra plus tard pour le reste.

    Départ canon de la Super Série

    Le ski de compétition est maintenant entrepris ici aussi avec le début d’une autre saison de la Super Série Sports Experts présentée par Audi amorcée jeudi avec les filles et les garçons en alternance au Sommet Saint-Sauveur et au Mont-Tremblant.

    Même si les épreuves se poursuivent jusqu’à samedi, on peut déjà parler d’un autre franc succès.

    Lors d’un entretien précourse, Michel Marcoux, délégué technique de la FIS, me racontait que des inscriptions avaient dû être refusées du côté des garçons, le nombre excédant la limite, alors que celles chez les filles étaient très bien.

    Tant mieux!

    Des nouvelles de Geneviève

    Dans sa série maintenant « Que sont-elles et-ils devenus? », Pierre Durocher, un ami du ski, consacre dimanche deux pages à Geneviève Simard dans Le Journal de Montréal.

    Sa deuxième carrière est toujours celle de pilote d’hélicoptère, mais le ski est toujours sa vie notamment dans le rôle d’analyste de ski à Radio-Canada.

    On peut tout de suite vous annoncer qu’elle sera de retour aux Jeux olympiques, cette fois.

    Je sais aussi que Nicolas Fontaine et Philippe LaRoche, autres anciens de la famille élargie du ski, suivront parmi les invités en janvier.

    Capitaine Toutant

    Je ne savais pas que Simon-Claude Toutant était capitaine de l’équipe alpine du Rouge et Or.

    Voilà un très bon choix, cet ancien de l’équipe et étudiant en marketing pouvant donner l’exemple autant par ses résultats que son comportement à l’extérieur des pentes.

    On aura le temps évidemment de s’en rejaser, mais le circuit universitaire a déjà début cette semaine avec la manche de la Super Série et se poursuivra en janvier (le 13) au Mont-Garceau et à Val Saint-Côme.

    Saviez-vous que?

    En ravissant la palme à Courchevel sous les réflecteurs au début de la semaine, Mikaela Shiffrin est devenue la première à gagner un slalom parallèle féminin.

    Flocons de neige

    Enfin, un gros merci à l’ami Roger Laroche de reprendre de nouveau cette année nos chroniques Ski Québec sur le carnet du ski, un site qui vaut le détour pour le nombre et la qualité de l’information de l’industrie du ski au Québec.

    Source: Mario Brisebois
    Photo Crédit: inconnu