Chroniques de Mario Brisebois

  • La Chronique de Mario du 27 décembre 2018 : Grâce à Mikaela et Marcel, on ramène à l’actualité des légendes qui ont déjà gagné au Québec

    En tant que chroniqueur pour Ski Québec alpin Mario Brisebois continue sa passion pour le journalisme et le ski. Dans sa carrière de journaliste pour le Journal de Montréal, Mario s’est consacré plus particulièrement au golf, au tennis ainsi qu’au ski. Il a toujours eu à cœur de soutenir la relève québécoise et nombreux sont les athlètes qui, grâce à lui, ont bénéficié d’une couverture exceptionnelle tout au long de leur développement athlétique tant chez les amateurs que chez les professionnels.

    L’attention médiatique n’a jamais connu l’ampleur de celle de la 600e victoire de Claude Julien comme entraîneur dans la Ligue nationale ou la 300e de Carey Price devant le filet du Canadien. Dommage. Car le ski aussi connaît une fin de décembre très « fertile » dans les accomplissements personnels.

    Allons-y dans l’ordre des chiffres.

    En vertu de sa victoire numéro 63 chez lui à Saalbach-Hinterglemm, l’Autrichien Marcel Hirscher, 29 ans, est devenu le plus grand skieur de la « Wunderteam » ou du moins le plus auréolé. Mais il faut faire preuve de prudence avec ces statistiques. Vous savez, le Super-G n’a été ajouté et donc officialisé au calendrier de la Fédération internationale qu’en 1982 alors que Annemarie Moser-Proell, principalement spécialiste de la vitesse avec 62 titres, a pris sa retraite en 1980.

    En décrochant sa 50e médaille d’or, l’Américaine Mikael Schffrin, qui a appris son ski pas si loin d’ici, au Vermont, rejoint, elle, à 23 ans seulement, Alberto Tomba.

    L’ultime marque de 86 appartient à Ingemar Stenmark devant Lindsey Vonn qui lui souffle dans le cou avec seulement quatre de retard et un retour espérant en janvier.

    Retour dans le temps

    Ce trio des légendes Moser-Proell, le Viking Stenmark et La Bomba ramènent plein de souvenirs au ski québécois.

    Non seulement ont-ils skié ici, mais ils ont gagné aussi en commençant par Annemarie et Ingemar au Mont Sainte-Anne en 1973 et 1980. Alberto a enchaîné en 1994 à Stoneham.

    Qui sait combien de succès Annemarie aurait ajouté à son palmarès si elle n’avait pas pris à 22 ans une saison sabbatique complète pour veiller sur son père malade ?

    À propos de Stenmark, il est impossible d’oublier tout le travail artisanal qu’il a investi sur les bottes complètement finies qui tenaient littéralement avec de la broche à la place des boucles et du « duck tape » pour maintenir tout cela ensemble comme quoi encore une fois, l’habit ne fait pas le moine.

    Quant à « La Bomba », le ski masculin continue de chercher une figure charismatique capable de faire rayonner son sport autant dans l’Équipe et Sports Illustrated que dans Paris Match ou Le Point.

    On reviendra dans une éventuelle chronique avec la liste la plus élaborée de celles et ceux à l’international qui ont été couronnés sur nos montagnes, mais force est d’admettre que celle-ci est des plus impressionnante.
    Mikaela en chiffres

    Alors que l’année se termine, le nouveau papa Marcel Hirscher poursuit sa quête vers la gloire avec déjà cinq victoires (et bientôt six, suite à la disqualification, votée, mais pas officialisée, à venir de l’Allemand Stefan Luitz à Beaver Creek) en huit départs. Mikaela Shiffrin survole encore davantage son sport en vertu de sept gains en onze.

    Attardons-nous à Mikaela, qui a appris son ski tout juste à côté, soit à l’Académie Burke, au Vermont, suite à ce tableau très bien fait du journal Dauphiné Libéré que j’ai conservé dans mes lectures des Fêtes.

    • À 23 ans, sa 50e victoire représentait aussi sa 35e en slalom ce qui égale la marque réussie par Marlies Schild à 32 ans.
    • En remportant le Super-G de Lake Louise au début décembre, elle est devenue le 7e talent seulement à récolter l’or dans quatre disciplines.
    • Des 8 super étoiles qui ont atteint le plateau de Mikaela, elle est la plus jeune.

    Cela dit, je vois que le ski ne lâche pas. Après un court congé (trois jours), les gars en vitesse sont de retour à Bormio (Italie), alors que les filles (slalom et slalom géant) évolueront les 28 et 29 à Semmering (Autriche) avant le slalom urbain à Oslo le 1er janvier.

    Avec ses 501 points d’avance avant la mi-saison au classement général de la Coupe du monde et déjà double championne en Norvège, qui pensez-vous sera la favorite fin 2018 comme début 2019 sinon Mikaela Shiffrin ?

    Bonne année !

    Source: Mario Brisebois
    Photo Crédit: Barbara Gindel