Chroniques de Mario Brisebois

  • CALME AU CANADA MAIS COLÈRE EN AUTRICHE

    Les Jeux olympiques peuvent être très cruels au plan de la critique... ailleurs. Sachez d'abord que c'est très calme au Canada, malgré les résultats en deçà des attentes, après les pronostics élevés des dirigeants du sport au pays.

    De toute évidence, nos décideurs ont été trop optimistes, lire même, trop jovialistes.

    Cela dit, ça brasse considérablement en Autriche.

    Débâcle!, Catastrophe! Le pire fiasco de l'histoire!

    Ces reproches très sévères dans les médias sont dirigés vers l'équipe de ski alpin.

    Au cours de la première semaine, l'Autriche a été limitée à deux podiums versus le record de 14 à Turin, il y a quatre ans.

    Dans un pays où les Michel Villeneuve, Ron Fournier et 110% n'en ont que pour le ski, il y a de la surchauffe, voire de la colère.

    Un quotidien a publié en haut de page les photos des têtes d'affiche Benjamin Raich, Michael Walchhofer, Mario Scheiber et Goerg Streitberger comme s'il s'agissait de criminels et, pire, d’assassins pour la nation.

    En bas de vignette, on pouvait lire: échec numéro un, deux, trois et quatre.

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    Même si le ski alpin canadien patiente toujours pour son premier podium malgré les trois promis, il est plus juste de parler de déception contrôlée que de gronde chez-nous.

    Président de Ski Canada, Gary Allan s'est senti obligé de tenir un point de presse pour offrir des explications.

    Bien sûr que les absences de John Kucera, Geneviève Simard et François Bourque ont considérablement atténué la force canadienne.

    Au-delà des positions, il existe une réalité saisissante.

    Erik Guay, qui sauve la face du Canada avec deux 5e places, a été un des rares à sceller ses courses, avec Britt Janyk et Jan Hudec.

    Manuel Osborne-Paradis, pourtant deux fois victorieux en Coupe du monde cet hiver, Emily Brydon, médaillée à Lake Louise, et Robbie Dixon, auteur de quatre top dix, ont fini la moitié de leurs épreuves dans le décor.

    Il est impossible aspirer au podium lorsqu'on ne se rend pas au fil d'arrivée.

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    Bien sûr que la tension est un facteur considérable aux Olympiques.

    À ce sujet, je retiens l'exemple de Bode Miller, assuré d'être le héros des compétitions alpines et possiblement de l'ensemble des Jeux.

    Après le bronze en descente et l'argent en super-G , il a concrétisé son tour du chapeau en ravissant l'or au super-combiné.

    Le skieur de Franconia, au New Hampshire, revient de loin.

    À la même période l'an dernier, il avait pourtant abandonné les championnats du monde tellement il était dépité de ses contre-performances. De fait, il n'avait pas terminé la saison en Coupe du monde.

    À une spatule de la retraite, il avait eu une conversation avec son père.

    « Fiston, tu sembles avoir perdu le fun de pratiquer ton sport », lui a dit le paternel.

    Oups!

    Voilà une leçon à retenir. Dans le sport comme dans la vie, le premier pas vers le succès n'est-il pas d'abord le plaisir d'accomplir son travail plutôt que de subir une pression imposée ?